Trottinettes électriques : risques et prévention HSE
Trottinette électrique au travail : quels risques intégrer à vos accueils sécurité ?
La trottinette électrique peut faciliter un trajet urbain, une mission de proximité ou la circulation entre plusieurs bâtiments. Dès qu’elle entre dans les usages professionnels, elle crée toutefois de nouveaux risques qui doivent être connus : chutes, collisions, coactivité, défauts matériels, départs de feu, accidents graves ou légers.
Pour les responsables QHSE, ce nouvel usage nécessite d’être analysé et de mettre à jour le DUERP, les consignes et les parcours d’accueil sécurité. Voici comment transformer ce nouveau risque en actions réellement appliquées sur le terrain.
Pourquoi la trottinette électrique devient-elle un sujet QHSE ?
Elle est parfois introduite comme une simple solution de mobilité : relier deux bâtiments, intervenir sur un autre site ou raccourcir une tournée. Son utilisation modifie pourtant les conditions de travail. Le conducteur reste debout, sans carrosserie, sur de petites roues sensibles aux trous, aux bordures et aux sols humides. Sur un site industriel, il doit aussi partager l’espace avec les piétons, les chariots et les véhicules.
Le QHSE doit donc répondre à une question concrète : dans quelles conditions ce déplacement peut-il être autorisé ? La réponse doit préciser les usages concernés, les itinéraires, le matériel, les règles de circulation et les situations dans lesquelles elle ne doit pas être utilisée.
Quels usages faut-il distinguer avant de définir les consignes ?
Trois situations appellent des réponses différentes :
- Le trajet domicile-travail avec une trottinette personnelle : l’entreprise peut informer et sensibiliser, notamment sur les règles de circulation, les équipements et le stationnement. Elle peut également avoir décider d’autoriser ou non le chargement des batteries, en expliquant les risques liés.
- Le déplacement réalisé pendant une mission : c’est une situation professionnelle à évaluer, qu’il s’agisse d’un équipement personnel autorisé ou d’une trottinette fournie par l’employeur.
- La circulation interne sur un site : les itinéraires, priorités, croisements, limitations et zones interdites doivent être définis dans le plan de circulation.
Cette distinction évite de diffuser une consigne générale qui ne répondrait précisément à aucune situation.
Quels sont les risques liés aux trottinettes électriques à analyser ?
L’analyse doit partir des trajets réellement effectués et couvrir au minimum cinq catégories :
- La chute : trou, rail, bordure, gravier, sol humide, freinage brusque ou manque de visibilité.
- La collision : croisement avec un piéton, un véhicule, un chariot ou un engin mobile.
- Les conditions d’utilisation : de nuit ou par mauvais temps, peu ou pas de visibilité.
- L’état du matériel : freins, pneumatiques, éclairage, avertisseur ou batterie défectueux.
- Le stockage et la recharge : appareil placé dans un dégagement, batterie endommagée ou chargeur inadapté.
Un exemple : autoriser une trottinette pour gagner cinq minutes entre deux ateliers n’est pas pertinent si l’itinéraire traverse une zone de chargement fréquentée par des poids lourds. C’est une zone de coactivité, et son utilisation nécessite une analyse. Il est recommandé dans ce cas-là de ne pas autoriser le déplacement pour éviter différents types de risques, notamment les accidents.
Quelles règles rappeler aux utilisateurs ?
C’est un engin de déplacement personnel motorisé. Elle est conçue pour une seule personne et sa vitesse maximale par construction ne doit pas dépasser 25 km/h. Le téléphone tenu en main, les écouteurs et le transport d’un passager sont interdits pendant la conduite. Ces règles constituent un socle. Pour un usage professionnel, l’entreprise doit ajouter ses propres décisions : itinéraires autorisés, équipements requis, conditions météorologiques incompatibles avec le trajet et procédure à suivre en cas d’anomalie.
Quand faut-il mettre à jour le DUERP et les accueils sécurité ?
Une évaluation doit être déclenchée lorsque l’entreprise :
- fournit des trottinettes à ses salariés,
- autorise leur utilisation pendant les missions,
- constate une circulation régulière sur ses sites,
- modifie un itinéraire ou un plan de circulation,
- relève un incident, une chute ou une situation dangereuse.
L’évaluation doit identifier les personnes exposées, les trajets, la coactivité et les mesures nécessaires. Pour reprendre les obligations et le passage de l’évaluation à l’action, consultez notre article consacré au DUERP et à sa réglementation.
La mise à jour ne doit pas rester dans le document unique. Les nouvelles règles doivent être intégrées aux accueils sécurité et il ne faudra pas oublier de sensibiliser les salariés déjà présents lorsqu’ils sont concernés.
Quelles consignes intégrer dans l’accueil sécurité ?
Un parcours utile doit permettre au salarié de savoir immédiatement :
- où il peut circuler et où il doit descendre de la trottinette ;
- quelle vitesse et quelles priorités s’appliquent sur le site ;
- quels contrôles effectuer avant le départ ;
- quels équipements utiliser ;
- où stationner et recharger l’appareil ;
- comment signaler un défaut ou une situation dangereuse.
Un plan annoté ou des photographies des croisements sensibles seront plus utiles qu’une longue description. La règle doit également être explicite : si les freins, l’éclairage, les roues ou la batterie présentent une anomalie, la trottinette ne doit pas être utilisée.
Comment adapter les consignes aux différents publics ?
Un agent de maintenance circulant quotidiennement dans une usine n’a pas besoin du même parcours qu’un salarié venant travailler avec la sienne. Le contenu doit varier selon le métier, le site, la fréquence, l’itinéraire et le matériel employé.
Les personnes qui partagent les voies sans conduire de trottinette doivent aussi connaître les nouvelles règles de coactivité. Un socle commun peut donc présenter les principes généraux, puis des séquences ciblées préciser les conditions propres à chaque public. Des consignes courtes, illustrées et contextualisées facilitent cette appropriation. Cette logique rejoint les principes permettant de sensibiliser efficacement vos publics aux consignes de sécurité.
Comment vérifier que les nouvelles consignes sont comprises ?
Demander au salarié de confirmer qu’il a lu les règles ne suffit pas. L’évaluation doit porter sur les décisions qu’il devra prendre : quel itinéraire suivre ? Que faire si le sol est humide ? Peut-on repartir avec un feu défectueux ? Où signaler une batterie endommagée ?
Une causerie sécurité thématique pourrait être organisée pour traiter correctement le sujet avec les salariés. La traçabilité permet ensuite de retrouver la version reçue, la date du passage et le résultat obtenu, sans remplacer l’accompagnement du manager.
Comment utiliser les remontées terrain pour faire évoluer l’accueil ?
Les premières utilisations peuvent révéler un angle mort, un sol glissant en permanence, une zone trop fréquentée ou un point de recharge inadapté. Le signalement doit être simple : lieu, problème constaté, photographie éventuelle et niveau de gravité pour traiter les remontées par ordre de priorité.
Le QHSE peut alors modifier l’itinéraire, faire réparer le sol, interdire temporairement une zone ou actualiser la consigne. Cette boucle permet d’agir sans attendre l’accident. Pour la structurer, retrouvez notre méthode pour transformer les remontées terrain en actions de prévention.
Comment maintenir les accueils sécurité à jour sur plusieurs sites ?
Les règles peuvent varier fortement d’un établissement à l’autre : circulation autorisée sur un site, limitée à certaines voies sur un deuxième et interdite sur un troisième. Un contenu national unique risque donc de diffuser une information inexacte.
Conservez un socle commun, puis ajoutez les règles propres à chaque site et à chaque usage. Pour chaque contenu, définissez un responsable et des déclencheurs de révision : nouveau matériel, modification du plan de circulation, évolution réglementaire, incident ou remontée récurrente. Lorsqu’une règle change, seules les personnes concernées doivent recevoir la séquence actualisée.
De la nouvelle règle à une prévention réellement appliquée
La trottinette électrique illustre une difficulté plus large : les entreprises évoluent alors que les accueils sécurité restent parfois identiques pendant plusieurs années. Pour éviter ce décalage, reliez systématiquement le changement à une action :
- identifier le nouvel usage ou le signal terrain ;
- évaluer les conditions réelles d’utilisation ;
- définir les mesures et mettre à jour le DUERP ;
- actualiser les consignes du site ;
- diffuser le bon parcours aux personnes concernées ;
- vérifier la compréhension et exploiter les retours du terrain.
Cikaba permet de structurer cette continuité en contextualisant les parcours, en diffusant les nouvelles règles et en centralisant les preuves de passage et les résultats. Découvrez comment digitaliser et mettre à jour vos consignes d’accueil sécurité.