Équipements de travail mobiles et de levage : que va contrôler l’Inspection du travail pendant la campagne 2026 ?
À partir de septembre et jusqu’en novembre 2026, l’Inspection du travail mènera une campagne nationale de contrôle et de sensibilisation consacrée aux équipements de travail mobiles et de levage. Des contre-visites et des suites administratives pourront ensuite se poursuivre jusqu’en janvier 2027.
Reconduite après une première campagne menée en 2023-2024, cette opération vise à prévenir les accidents graves et mortels liés à l’utilisation des engins. Évaluation des risques, circulation, vérifications techniques, autorisations de conduite : plusieurs aspects de l’organisation des entreprises seront examinés.
Quels secteurs et équipements sont concernés ? Sur quels points porteront les contrôles ? Et comment préparer votre entreprise ?
1 - Pourquoi une nouvelle campagne est-elle menée en 2026 ?
2 - Quels secteurs et quels équipements sont concernés ?
3 - Que va contrôler l’Inspection du travail ?
4 - Comment préparer votre entreprise avant un contrôle ?
5 - Quelles ressources peuvent vous aider à vous préparer ?
Pourquoi une nouvelle campagne est-elle menée en 2026 ?
Cette campagne s’inscrit dans le plan pluriannuel 2026-2029 de la Direction générale du travail, axé sur la prévention des accidents du travail. Sa reconduction s’explique par la persistance d’accidents graves ainsi que par les écarts observés lors des précédents contrôles.
Les équipements mobiles et de levage restent à l’origine d’accidents graves
D’après le bilan présenté par l’administration, les matériels mobiles et de levage constituent la première cause d’accidents du travail liés aux équipements signalés à l’Inspection du travail.
Les risques associés sont bien identifiés : renversement d’un engin, heurt entre un véhicule et un piéton, écrasement ou perte de contrôle.
La précédente campagne a révélé des manquements récurrents
Les contrôles réalisés en 2023-2024 ont mis en évidence plusieurs écarts importants :
- plus de la moitié des DUER étaient absents ou non conformes ;
- les règles de circulation étaient incomplètement adaptées dans 64 % des situations ;
- 26 % des autorisations de conduite étaient non conformes ;
- 23 % des équipements contrôlés n’avaient fait l’objet d’aucune vérification générale périodique ;
- pour les chariots automoteurs, 84 % des vérifications étaient incomplètes.
Le secteur agricole présentait par ailleurs un niveau global de manquement deux fois plus élevé que les autres secteurs économiques.
Ces résultats montrent que les principaux écarts ne concernent pas uniquement les équipements eux-mêmes. Ils portent aussi sur l’organisation de leur utilisation, la traçabilité des contrôles et le suivi des actions correctives.
Quels secteurs et quels équipements sont concernés ?
La campagne conserve le périmètre de l’opération menée en 2023-2024. Elle concerne les entreprises qui utilisent les cinq familles d’équipements ciblées, dans plusieurs secteurs d’activité.
Plusieurs secteurs feront l’objet de contrôles
Les interventions pourront notamment concerner :
- les industries ;
- les chantiers du BTP ;
- les mines et les carrières ;
- les filières agricoles ;
- les activités forestières.
Le secteur agricole devrait faire l’objet d’une vigilance particulière au regard des manquements relevés lors de la campagne précédente.
Cinq familles d’équipements sont ciblées
Les contrôles porteront sur l’utilisation :
- des pelles et mini-pelles ;
- des chargeuses et mini-chargeuses ;
- des compacteurs ;
- des chariots de levage à conducteur porté ;
- des tracteurs équipés d’un chargeur frontal.
Les inspecteurs s’intéresseront aux conditions d’utilisation de ces engins, mais également à l’environnement dans lequel ils circulent et aux salariés autorisés à les conduire.
Les jeunes travailleurs et les intérimaires seront particulièrement surveillés
Les conditions d’accueil, de formation et d’encadrement des intérimaires et des jeunes travailleurs feront l’objet d’une vigilance renforcée.
La conduite d’engins est en principe interdite aux jeunes âgés de 15 à 18 ans. Des dérogations sont possibles, notamment dans le cadre d’une formation professionnelle, sous certaines conditions : déclaration préalable, formation adaptée, encadrement suffisant et avis médical annuel.
En revanche, aucune dérogation n’est possible pour l’utilisation d’un engin dépourvu de dispositif de protection ou de retenue en cas de renversement.
Que va contrôler l’Inspection du travail ?
Les interventions seront organisées autour de quatre piliers réglementaires. Les inspecteurs vérifieront à la fois les documents disponibles et leur traduction concrète dans l’organisation du travail.
L’évaluation des risques devra intégrer l’utilisation des engins
Les inspecteurs vérifieront que les risques liés aux équipements mobiles et de levage sont identifiés dans le DUERP et qu’ils donnent lieu à des mesures de prévention adaptées.
L’analyse devra notamment tenir compte des risques de renversement, des manœuvres, des croisements entre engins et piétons ainsi que des opérations de chargement ou de déchargement.
L’organisation des circulations devra sécuriser les déplacements
Les entreprises devront pouvoir démontrer que les déplacements des engins et des piétons sont organisés de manière à limiter les risques de heurt.
Les agents pourront examiner les plans de circulation, la séparation des flux, le balisage des voies et les zones de manœuvre. Sur les chantiers d’un montant supérieur à 760 000 euros, une attention particulière pourra être portée au balisage des pistes et au positionnement des signaleurs.
Les vérifications techniques devront être réalisées et suivies
Les contrôles porteront sur l’examen d’adéquation avant la mise en service, la réalisation des VGP et la traçabilité des réparations.
La présence d’un rapport de vérification ne suffira pas. L’entreprise devra également pouvoir montrer que les défauts relevés ont été corrigés et que les conditions de remise en service ont été maîtrisées.
Les autorisations de conduite devront être correctement délivrées
Les inspecteurs vérifieront que les conducteurs disposent d’une autorisation délivrée par l’employeur et adaptée à l’équipement utilisé.
Cette autorisation repose sur trois éléments : une formation à la conduite, l’absence de contre-indication médicale et une information sur le site d’utilisation. Pour les intérimaires, elle doit être délivrée par l’entreprise utilisatrice. Les travailleurs détachés sont également concernés.
Le CSE devra être associé à la prévention
L’Inspection du travail pourra vérifier l’association effective du CSE, notamment lors de la mise à jour du DUERP.
Les élus doivent également pouvoir accéder aux rapports de vérification technique et exercer leurs prérogatives en matière de santé et de sécurité au travail.
Comment préparer votre entreprise avant un contrôle ?
La préparation doit permettre de repérer les écarts avant la visite des agents et de vérifier que les documents correspondent bien aux pratiques observées sur le terrain.
Posez-vous notamment les questions suivantes :
- Le DUERP intègre-t-il les risques liés à tous les engins utilisés ?
- Le plan de circulation correspond-il encore aux flux réels ?
- Les zones piétonnes et les voies réservées aux engins sont-elles clairement identifiées ?
- Toutes les VGP ont-elles été réalisées dans les délais ?
- Les défauts signalés ont-ils été corrigés et tracés ?
- Les autorisations de conduite sont-elles à jour ?
- Les intérimaires et les jeunes travailleurs bénéficient-ils d’un accueil adapté ?
- Le CSE est-il associé à la démarche de prévention ?
Les écarts constatés doivent ensuite être intégrés à un plan d’action avec des responsables et des échéances.
Quelles ressources peuvent vous aider à vous préparer ?
Plusieurs outils officiels sont disponibles pour accompagner les entreprises dans leur autodiagnostic et leurs actions correctives.
Le ministère du Travail propose des fiches d’autodiagnostic
Trois fiches sont disponibles :
- une fiche applicable à tous les secteurs ;
- une fiche dédiée aux chantiers ;
- une fiche spécifique au secteur agricole.
Une fiche de présentation générale de la campagne est également proposée.
Des guides complètent ces outils
L’INRS met notamment à disposition des ressources sur les VGP, les autorisations de conduite et l’organisation des circulations.
L’OPPBTP propose des outils pour prévenir les heurts entre engins et piétons, réaliser les vérifications journalières et assurer le suivi du matériel. La MSA fournit également des ressources sur les engins agricoles et le risque de renversement des tracteurs.
Que faut-il retenir ?
La campagne 2026 portera autant sur les documents que sur la réalité du terrain. Les entreprises devront pouvoir démontrer que les risques liés aux engins sont bien évalués, que les équipements sont contrôlés, que les conducteurs sont autorisés et que les consignes de sécurité sont réellement comprises et appliquées.
L’enjeu est donc de fiabiliser chaque étape : accueil des nouveaux arrivants, formation, diffusion des consignes, suivi des vérifications et traçabilité des actions.
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