Interview : Comment mieux gérer les risques lors des arrêts de maintenance ?

Par Daniel Fernandes, animateur HSE chez Erasteel (division alliage du groupe Eramet).

Des centaines d’intervenants sont amenés à travailler ensemble lors d’un arrêt de maintenance, augmentant considérablement les situations à risque. Comment faire pour atteindre le 0 accident et éviter tout retard ? 

Anticipation, organisation et communication sont les maîtres mots !

Quelle est la fréquence et la période des arrêts ?

Il y en a un en été et en hiver sur les outils de production. Nous faisons en plus de la maintenance préventive sur un four qui s’arrête toutes les 7 semaines. Nous travaillons avec du métal liquide, il est impératif de garantir la sécurité des opérateurs en assurant le bon fonctionnement et la maintenance des machines !

Quel est le nombre d’intervenants en moyenne ?

Nous avons plusieurs centaines d’intervenants, certains tous les jours, d’autres sur quelques heures pour des travaux plus spécifiques. Ce sont soit des entreprises extérieures, soit des opérateurs Erasteel. Nos intervenants sont avant tout des professionnels qui ont un certain standard de la sécurité et qui sont spécialistes dans ce qu’ils font.

Quels sont les types de métiers rencontrés sur le terrain ?

Les métiers sont très variés, cela peut être des travaux sur des réfractaires, de la chaudronnerie, du suivi réglementaire, du BTP , le nettoyage des filtres… Toutes les interventions se font en renforcement des actions mensuelles et quotidiennes, mais certaines actions ne sont pas possibles lors des périodes de production (lorsque le métal liquide circule par exemple). Les arrêts techniques permettent donc d’intervenir lorsque certains risques ne sont plus ou moins présents.

En matière de prévention des risques, quels sont les objectifs d’un arrêt technique de maintenance ?

L’objectif principal est le 0 accident….puis de finir les travaux dans les temps et de diminuer les risques de coactivité !

Quelle est la contrainte principale d’un arrêt technique d’un point de vue préventif ?

Pour Erasteel, le plus complexe à gérer est la coactivité entre les différents métiers. Lors des arrêts nous avons du personnel qui travaille de nuit, en 3x8 ou en 2x8. Cela nécessite un gros travail de planification et beaucoup de rigueur pour qu’ils puissent intervenir en toute sécurité. 

Comment préparez-vous un arrêt technique ?

Nous commençons par une analyse de risque par zone. Nous sommes d’ailleurs en train de les réorganiser pour pouvoir mieux les anticiper, mieux gérer les coactivités et éviter les travaux de dernière minute. Un planning prévisionnel avec les réunions de coordination journalières est mis en place. La visite préalable est effectuée au minimum 48h avant l’intervention, les documents sont demandés à ce moment (CACES, analyse de risque…). Tout n’est pas centralisé, les responsables techniques de zones s’adaptent en fonction des responsables des entreprises extérieures : soit sur place soit des dossiers sont envoyés au préalable.

Travaillez-vous régulièrement avec les mêmes entreprises extérieures ?

Les entreprises intervenantes sont à 85% les mêmes d’années en années. C’est plus simple et ce sont des personnes à qui nous faisons confiance. Notre culture sécurité est intégrée et renforcée chaque année.

Doivent-ils posséder des spécificités pour intervenir sur votre site ?

Pour le moment, les certifications ISO 45001, OHSAS 180001 ou MASE sont vivement recommandées pour garantir la maturité sécuritaire de l’entreprise et des personnes qui interviennent. Dans les 2 ans qui viennent, nous imposerons qu’ils aient les certifications ou au moins que la démarche soit commencée. Nous révisons régulièrement nos consignes générales de sécurité et d’environnement. Une fois par an, elles doivent être signées pour nos entreprises extérieures. 

Lors de l’intervention, comment cela se passe-t-il sur le terrain ?

 Des réunions journalières sont organisées, qui ont pour but de rappeler les activités, les interventions, les types d’intervenants, la cartographie des interventions… Ces réunions permettent aussi de vérifier la bonne application du Plan de Prévention et que tout est bien pris en compte. Afin de garantir la sécurité de chacun, le chantier est balisé et fermé, et des panneaux d’affichage sont positionnés à l’entrée avec le plan de prévention et les analyses de risque. D’autres panneaux spécifiques à certaines zones, comme les interventions électriques, sont également mis en place.

En cas d’incident ou d’observation de situation dangereuse, quelles sont les actions correctives que vous mettez en place ? 

Nous reprenons l’analyse de risque au complet, avec toutes les personnes concernées. Selon la nature et la gravité de l’incident, nous pouvons évacuer la personne du site ou même aller jusqu’à l’arrêt total du chantier… Dès qu’il y a un doute, ou que nous tombons sur quelque chose d’imprévu, nous nous arrêtons et nous discutons de nouveau du mode opératoire. C’est mieux d’être appelé 10 fois par jour pour régler des problèmes que voir une seule situation dangereuse.  Chaque situation nous permet de mettre à jour nos actions préventives et nos consignes, dont celles de nos accueils sécurité. Si beaucoup d’incidents sont remontés sur l’activité manutention par exemple, on mettra en place des modules de sensibilisation.

Comment gérez-vous l’accueil de vos intervenants ? 

Nos accueils sécurité se font via Cikaba, à distance majoritairement. Nous envoyons le lien par email et chaque intervenant le passe en amont. A l’arrivée, le poste de garde vérifie simplement la validité. Un PC est installé à côté du poste de garde pour les mises à jour, les oublis… Nous avons certains points de vigilance, comme le temps passé sur chaque information, qui permet de voir si l’accueil est fait correctement. Si le temps est jugé trop court, la personne le repasse sur place. Des piqûres de rappel peuvent également être faites en présentiel, notamment si on identifie des sujets moins bien maîtrisés.

Quels sont les objectifs principaux d’un accueil sécurité dans le cadre d’un arrêt technique ?

Gagner du temps au quotidien et préparer l’Entreprise Extérieure à l’intervention avec nos risques et nos règles. Chez nous personne ne rentre sans accueil sécurité, nous sommes un site classé SEVESO seuil haut, la sécurité est une priorité !
Avant, notre fonctionnement n’était pas au point. Nos accueils sécurité se faisaient en présentiel avec des sessions le lundi ou le mercredi en hiver et tous les matins en été. C’était très chronophage et moins efficace. En revanche, cela permettait d’avoir un échange avec les personnes et d’évaluer la sensibilité à la sécurité de chacun. Avec les accueils sécurité digitaux de Cikaba on gagne beaucoup de temps et les intervenants sont opérationnels dès leur arrivée.

Le mot de la fin ?

Cikaba est un vrai plus pour les Entreprises Extérieures, notamment celles qui viennent de loin pour peu de temps. Cela permet de gagner du temps et de gagner en souplesse. La rigueur, la communication et la flexibilité sont essentielles pour un arrêt technique sans heurts !

Vous voulez savoir comment Cikaba peut faciliter la gestion des risques lors de vos arrêts techniques ?

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