Pourquoi est-il important d’intégrer les RPS dans votre politique de prévention ?

Impact des RPS sur votl'entreprise dans la politique de prévention des risques professionnels

Vous avez été nombreux à répondre à notre sondage LinkedIn et nous vous en remercions ! Vous avez souhaité que nos experts QHSE abordent le thème des Risques Psycho-Sociaux (RPS) et c’est chose faite ! Compte-tenu du vaste périmètre du sujet, nous vous proposons une trilogie d’articles afin de couvrir tous les points essentiels. Dans ce premier article, nous nous intéressons à la définition des RPS, leurs facteurs de risques et leurs impacts sur votre organisation en matière de prévention.

1- Savez-vous vraiment ce que sont les RPS ?

Tous les experts QHSE ont entendu au moins une fois parler des RPS. Mais qu’en savons-nous vraiment ? Avons-nous réellement conscience de la place qu’ils représentent dans le monde du travail ainsi que de leurs conséquences à plus ou moins long terme ?

Le Code du Travail ne définit pas au sens strict ce que sont les RPS dans l’article L4121-1. Il ne fait référence à la prévention des risques professionnels que de manière générale, et aux obligations qui pèsent sur l’employeur concernant les mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. À aucun moment la notion de RPS n’est évoquée. Ces risques sont de ce fait, d’autant plus complexes à qualifier qu’ils ne sont pas définis au regard de la loi.

Ce sont bien « des » risques au pluriel car ils sont multiples. Alors qu’il y a peu encore, seul le stress au travail était évoqué, les RPS englobent aujourd’hui le stress mais également les violences internes à l’entreprise (harcèlement, conflits…) et externes (insultes des clients, agressions…).

2 - Quels sont les facteurs de risques psycho-sociaux ?

Il convient de distinguer les facteurs de risques (origine du risque : problèmes organisationnels par exemple…), les risques (stress, violences…), et leurs conséquences (burn-out, dépression…).

En effet, derrière ces risques psychosociaux se cachent 6 grandes catégories de facteurs :

  • L’intensité et le temps de travail. …
  • Les exigences émotionnelles…
  • L’autonomie et les marges de manœuvre…
  • Les rapports sociaux et la reconnaissance au travail…
  • Les conflits de valeur…
  • L’insécurité de la situation de travail.

Ces facteurs de risques, qui peuvent être cumulés ou non selon le contexte ou la situation de travail, entraînent des risques psychosociaux (stress, violences) auxquels le salarié sera confronté.

C’est là qu’intervient la notion de subjectivité, qui rend d’ailleurs difficile l’analyse et la mise en place d’indicateurs concernant les RPS.

En effet, chaque travailleur peut être confronté aux mêmes facteurs de risques, mais y réagir différemment. Chaque individu dispose de ressources psychologiques qui lui sont propres et c’est sa capacité à les percevoir qui va lui permettre de faire face à une situation anxiogène.

Le mal-être face à une situation de stress résulte de l’écart perçu entre les ressources de l’individu (compétences, expérience, organisation…) et les contraintes auxquelles il est soumis (planning à respecter, amplitude horaires, charge de travail, conflits, autonomie…).

La raison pour laquelle la perception et l’analyse des RPS est d’autant plus complexe, vient du fait qu’elle découle d’une observation extérieure à la situation (par le manager par exemple), qui n’est pas représentative des émotions ressenties par la personne exposée.

3- Quels sont les impacts des RPS sur votre organisation ?

Les RPS affectent dans un premier temps le salarié, qui va subir de manière chronique la ou les situations anxiogènes et y faire face.

Tant que la situation est sous contrôle ; c’est-à-dire tant que le salarié arrive à faire face aux contraintes avec ses propres ressources, elle n’aura alors que peu d’incidence. Il sera alors difficile de percevoir le risque et ses conséquences. Dès lors que la salarié n’est plus en mesure de gérer ses émotions face au stress, il perd le contrôle de la situation. C’est à ce moment là que le point de rupture s’opère et que l’on voit apparaître des changements comportementaux (habitudes, irritabilité, perte de confiance en soi, isolement…, voire dépression et tentative de suicide).

Une fois ce point de non-retour franchi, des conséquences vont se répercuter sur l’entreprise : absentéisme, augmentation des jours d’arrêts, turn-over, accidents,… voire un décès à déplorer. Les contrecoups qui en résultent sont organisationnels et financiers, mais peuvent aussi impacter l’image de marque de l’entreprise.

C’est seulement au moment de la répercussion des conséquences sur l’entreprise que l’on constate la présence de RPS et que l’on commence à agir, mais très souvent bien trop tard. La raison pour laquelle la prévention des RPS n’est aujourd’hui pas bien maîtrisée (malgré la prise de conscience collective grandissante) réside principalement dans le fait qu’il est difficile de l’analyser et de définir des indicateurs.

Ainsi, lorsque l’on s’intéresse aux indicateurs actuels principalement issus du service RH (absentéisme, arrêt de travail, maladies…), on constate qu’ils ne permettent pas d’anticiper ces situations à risques. En effet, ils ne reflètent que des événements non souhaités qui se sont déjà produits et dont les conséquences irréversibles ont déjà eu lieu.

On se trouve alors toujours dans une démarche curative (prévention tertiaire : après la survenue de l’événement). Mais la stratégie à adopter consiste à anticiper le plus tôt possible la survenue de l’événement en agissant au niveau de la prévention secondaire (dès lors que des facteurs de risques ont été identifiés), voire sur la prévention primaire (directement à la source, avant une possible exposition aux facteurs de risques)*.

Pour éviter cela, il est nécessaire de mettre les RPS au cœur de la prévention en réalisant une évaluation des risques pour agir le plus tôt possible, et en y consacrant des moyens. Ces derniers sont d’ordre humain (acteurs dédiés) et organisationnel (temps), pour mener une évaluation objective des différents facteurs de risques sur le terrain.

Il est donc essentiel de réinstaurer le dialogue et l’écoute, de définir des acteurs de terrain et de sensibiliser toutes les parties prenantes (à savoir l’ensemble des salariés) sur le sujet des RPS. Ces actions permettront ainsi de créer un climat de confiance et de transparence afin que chacun puisse aborder aisément le sujet et qu’il ne soit plus tabou au sein des entreprises.

C’est dans l’objectif de vous aider à créer ce climat de confiance que nous aborderons plus en détails les différents acteurs pertinents à inclure dans votre démarche, dans un second article qui sera publié prochainement.

Enfin, un 3ème et dernier article sera consacré aux leviers d’action à mettre en place selon les 3 niveaux de prévention : primaire, secondaire et tertiaire.

Vous souhaitez intégrer les RPS dans votre politique de prévention ?

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