Partenariat Afpa-INRS : la prévention s’intègre dès la formation aux métiers

Le 22 juillet 2026, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, l’INRS, a annoncé le renouvellement de son partenariat avec l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes, l’Afpa.

Formalisée par une convention de cinq ans, cette coopération poursuit un objectif clair : former à la prévention dès l’apprentissage d’un métier et intégrer durablement la prévention des risques professionnels dans les compétences attendues des futurs salariés.

Pour les responsables HSE, cette actualité dépasse le champ de la formation professionnelle. Elle confirme une évolution de fond : la santé et la sécurité au travail ne doivent plus être enseignées comme des connaissances complémentaires, mais comme des compétences indispensables à l’exercice d’un métier.

Les futurs professionnels doivent acquérir des bases en prévention, savoir identifier les risques, repérer les dangers et analyser les risques liés à leur activité. Cette formation initiale ne dispense toutefois pas l’entreprise d’adapter sa démarche de prévention aux situations réelles de chaque site et de chaque poste.

Comment l’INRS renforce-t-il la formation à la prévention des risques professionnels ?

L’Afpa assure l’ingénierie de plus de 250 titres professionnels délivrés par le ministère chargé du Travail. En s’appuyant sur l’expertise scientifique et pédagogique de l’INRS, ce partenariat vise à intégrer systématiquement l’identification des risques et les principes généraux de prévention dans les référentiels de compétences et d’évaluation.

Engagée depuis 2019, cette coopération a déjà permis de renforcer les bases en prévention des risques dans plusieurs secteurs, notamment le tertiaire, l’industrie et le BTP. La nouvelle convention prolonge cette dynamique pendant cinq années supplémentaires.

Elle prévoit notamment :

  • la sensibilisation des ingénieurs de formation, formateurs et évaluateurs
  • la création commune de ressources pédagogiques
  • l’intégration de l’évaluation des risques dans les formations
  • le développement de compétences pour repérer les dangers
  • un accompagnement spécifique sur certains risques chimiques, notamment ceux associés aux perturbateurs endocriniens

L’objectif n’est donc plus seulement de transmettre des consignes générales. La formation à la prévention doit apprendre aux futurs professionnels à caractériser les risques, rechercher des mesures de prévention et choisir les actions adaptées à une situation de travail.

Pourquoi former à la prévention des risques professionnels dès l’entrée dans le métier ?

Les premières semaines de prise de poste constituent une période particulièrement sensible. Selon l’INRS, près de 15 % des accidents graves et mortels surviennent dans les trois mois suivant l’embauche. Les salariés âgés de 15 à 24 ans connaissent par ailleurs 1,5 fois plus d’accidents du travail que le reste de la population.

Ces chiffres montrent pourquoi la formation aux risques professionnels est essentielle avant même l’arrivée dans l’entreprise. Les jeunes en formation professionnelle doivent apprendre à observer leur environnement, identifier les risques professionnels et comprendre les mesures destinées à préserver leur santé et leur sécurité.

Cette base en santé et sécurité permet notamment de :

  • mieux identifier les dangers associés à un métier,
  • comprendre les définitions des accidents du travail et des maladies professionnelle,
  • connaître les principes généraux de prévention,
  • analyser les risques professionnels avant d’intervenir,
  • rechercher des mesures de prévention adaptées,
  • contribuer à la sécurité des salariés et des autres personnes présentes.

Elle ne couvre cependant pas toutes les particularités du terrain. Un salarié peut maîtriser les fondamentaux en santé et sécurité sans connaître les risques propres à son futur poste, les règles de circulation d’un site ou les procédures internes de son entreprise.

Pour prolonger cette réflexion, découvrez comment structurer l’accueil au poste des nouveaux salariés.

Quelles bases en prévention des risques faut-il transmettre ?

Une formation dédiée à la prévention doit donner aux salariés les moyens de comprendre les risques professionnels auxquels ils peuvent être exposés et d’agir avant qu’un accident ou une maladie professionnelle ne survienne.

Identifier les risques professionnels

La première compétence consiste à identifier les situations susceptibles d’affecter la santé et la sécurité au travail.

Selon les métiers, ces situations peuvent concerner :

  • les risques chimiques,
  • les chutes de hauteur ou de plain-pied,
  • les machines et équipements de travail,
  • la circulation des véhicules et des engins,
  • la manutention,
  • la prévention des troubles musculosquelettiques,
  • les risques psychosociaux,
  • la coactivité,
  • les risques liés aux entreprises extérieures.

L’identification ne doit pas rester théorique. Elle doit partir du travail réel, des équipements utilisés et des conditions dans lesquelles l’activité est réalisée.

Analyser et évaluer les risques

Repérer un danger ne suffit pas. Il faut également analyser les risques, comprendre les conditions d’exposition et déterminer les dommages susceptibles de survenir.

Évaluer les risques professionnels consiste notamment à examiner :

  • la fréquence de l’exposition ;
  • la gravité potentielle du dommage ;
  • les personnes concernées ;
  • les mesures déjà présentes ;
  • les écarts entre les procédures et les pratiques ;
  • les possibilités de supprimer ou de réduire le risque.

Cette analyse permet ensuite de planifier les actions et de prioriser les mesures de prévention. Différentes méthodes d’analyses de risques existent comme la méthode de l’arbre des causes.

Rechercher des mesures de prévention

La formation doit enfin apprendre aux salariés à proposer des solutions adaptées.

Il ne s’agit pas uniquement de porter un équipement de protection individuelle, il faut également penser aux équipements de protection collectifs, et mettre d’autres protection en place. Les principes généraux de prévention invitent d’abord à éviter le risque, à le combattre à la source et à adapter le travail à l’humain.

Cette logique peut s’appliquer à la prévention des risques ergonomiques, à la prévention des TMS, aux risques chimiques ou encore à l’organisation des flux sur un site industriel.

La formation initiale remplace-t-elle l’accueil sécurité en entreprise ?

L’intégration de la prévention des risques professionnels dans les titres professionnels ne modifie pas les obligations de l’employeur.

L’article L. 4141-2 du Code du travail prévoit l’organisation d’une formation pratique et appropriée à la sécurité pour :

  • les travailleurs nouvellement embauchés,
  • les travailleurs qui changent de poste ou de technique,
  • certains salariés temporaires,
  • les personnes reprenant leur activité après un arrêt d’au moins vingt et un jours, à la demande du médecin du travail.

La formation de votre entreprise doit donc être adaptée au travail confié, aux risques rencontrés et aux mesures de prévention réellement appliquées sur le site.

Un titre professionnel ou une formation préalable ne suffit pas à démontrer qu’un salarié connaît :

  • les consignes d’urgence,
  • les zones dangereuses,
  • les équipements obligatoires,
  • les procédures de consignation,
  • les règles propres à son poste,
  • les comportements attendus en cas d’incident.

La transmission d’un document ou l’affichage de consignes ne permettent pas non plus de prouver que l’information a été comprise. Un précédent judiciaire analysé par Cikaba rappelle l’importance de former et d’informer efficacement chaque public.

Quels dispositifs de formation à la prévention mettre en place ?

Plusieurs dispositifs de formation dédiés à la prévention peuvent être associés dans le plan de formation de votre entreprise.

Une présentation en présentiel permet de travailler sur des situations concrètes, d’observer les gestes et de favoriser les échanges avec le formateur. Elle reste particulièrement pertinente pour les opérations techniques, les mises en situation et l’accompagnement au poste.

Une formation en ligne prépare l’arrivée, diffuse des bases en prévention des risques, propose des contenus adaptés à différents publics et vérifier certaines connaissances. Elle ne remplace pas l’observation du travail réel ni l’accompagnement assuré par le manager, le tuteur ou le préventeur pour les nouveaux embauchés.

L’enjeu consiste donc à combiner les formats :

  1. acquérir des bases en prévention pendant la formation professionnelle ;
  2. vérifier les connaissances générales avant l’arrivée ;
  3. transmettre les règles propres à l’entreprise et au site ;
  4. organiser une formation au poste adaptée à l’activité réelle ;
  5. évaluer la compréhension ;
  6. renouveler les sensibilisations lorsque les risques ou les conditions de travail évoluent.

Cette continuité permet de transformer l’offre de formation en véritable ressource du projet de prévention.

Comment évaluer les risques professionnels et la compréhension des salariés ?

La prévention ne peut pas être pilotée à partir de la seule présence à une formation. Pour manager son projet de prévention, le responsable HSE doit pouvoir déterminer si les contenus ont réellement été assimilés, notamment en suivant les indicateurs sur un tableau de bord.

Des mises en situation, des contenus visuels et des tests contextualisés favorisent l’expérience utilisateur et l’ancrage mémoriel. Ils permettent de vérifier les compétences pour repérer les dangers et analyser les risques.

Le suivi peut notamment porter sur :

  • les résultats obtenus,
  • les questions générant le plus d’erreurs,
  • les formations arrivant à expiration,
  • les populations rencontrant des difficultés,
  • les écarts entre les sites,
  • les risques professionnels les moins bien identifiés,
  • les contenus à actualiser.

Ces données permettent d’ajuster les formations, de planifier les actions et de renforcer la démarche de prévention au plus près du terrain.

Digitaliser sans remplacer l’expertise humaine

Lorsque les métiers, les sites et les publics se multiplient, la gestion manuelle des formations et des sensibilisations montre rapidement ses limites. Une solution digitale permet de diffuser les consignes avant l’arrivée, de vérifier leur assimilation et de centraliser les résultats dans un espace commun.

Avec Cikaba, vous pouvez notamment :

  • personnaliser les contenus selon les publics, les métiers et les risques,
  • mettre à jour les consignes sur plusieurs sites,
  • associer chaque parcours aux risques professionnels concernés,
  • définir un score minimal et des questions éliminatoires,
  • générer des attestations de réussite,
  • programmer les relances liées aux expirations,
  • visualiser les indicateurs en temps réel,
  • identifier les notions nécessitant une nouvelle action de sensibilisation.

Notre solution ne remplace ni l’organisme de formation, ni le formateur, ni le responsable HSE, ni le manager. Elle facilite la transmission, la compréhension, la traçabilité et le pilotage des actions de prévention.

Le partenariat entre l’Afpa et l’INRS prépare les professionnels à acquérir des bases en prévention des risques. Aux entreprises d’assurer ensuite la continuité jusqu’au poste de travail, afin de transformer ces connaissances en consignes comprises, appliquées et mesurées.

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